Il rougit, bafouille quand on lui pose une question, aimerait se transformer en petite souris quand la maîtresse l’interroge… Heureusement, ce trait de caractère est rarement pathologique.
A la maison, il est normal, gai, enjoué, prend volontiers la parole quand vous êtes réunis autour de la table, n’hésite pas à multiplier les anecdotes sur son école (mais pas trop sur les copains)… Seulement voilà, dès qu’il est invité à l’extérieur, c’est à un tout autre enfant que vous avez à faire. Il rougit, murmure un « non » quand la maîtresse de maison lui propose un verre de jus de fruit (ou une part de gâteau)… avant de se mettre à pleurer quelques minutes plus tard parce qu’il pensait « oui » mais n’a osé le formuler. Ouh, la la ! Pas simple la vie d’un petit timide !
D’où vient sa timidité ?
Il n’y a pas d’explication simple ni unique à la timidité. Le désir de bien faire associé à un manque de confiance en soi sont souvent une source de timidité : l’enfant a à la fois envie de plaire et très peur de déplaire, a envie « d’assurer » tout en étant persuadé qu’il n’est pas à la hauteur. Du coup, il réagit par le retrait et l’évitement.
Bien sûr, si vous-même n’êtes pas très à l’aise en société, il y a de fortes chances que votre enfant reproduise votre propre méfiance à l’égard d’autrui. Mais la timidité n’a rien d’héréditaire et ce trait de caractère peut progressivement être dépassé, si vous aidez votre enfant à faire face à son anxiété sociale.
Comment en parler ?
Il n’est pas toujours facile de parler avec un enfant de sa timidité. Si vous le poussez sans cesse à aller vers les autres en multipliant les conseils « Allez, ils ne vont pas te manger » ou « Cesse donc un peu de faire le bébé ! », vous risquez d’ajouter à son malaise et d’accroître sa peur. Il se sentira incompris et se repliera plus encore sur lui-même. Et ce n’est pas votre but, n’est-ce-pas ?
Allez-y en douceur, par petites touches, en lui expliquant que sa timidité est un trait de caractère qui va passer avec le temps… et surtout, valorisez-le dès qu’il réussit un petit exploit du quotidien. Les enfants timides ont besoin de savoir qu’ils peuvent, eux aussi, réussir certaines choses.
En revanche, évitez de parler de sa timidité en public (devant les autres mamans à la sortie de l’école par exemple) car les enfants timides sont hypersensibles aux paroles qu’ils entendent et qui le concernent.
Des activités libératrices
Jouer d’un instrument à vent est tout indiqué pour un timide : par le biais de la musique, l’enfant apprend à maîtriser son souffle, ce qui l’aide ensuite dans l’expression orale. Le théâtre, en le forçant à dépasser sa peur pour jouer un autre rôle que lui-même, aide considérablement le timide. Les sports de lutte comme le judo lui rendent confiance dans sa force. Les activités de création artistique (peinture, modelage…) permettent d’extérioriser par l’image des émotions ou des souffrances cachées. Mais inutile d’étouffer l’enfant sous les activités extra-scolaires, sous peine d’un rejet pur et simple qui risque d’entraîner un repli sur soi.