Les personnes qui sont capables de s'emporter facilement ignorent à quel point la plupart du temps leur réaction reste parfaitement injustifiée. Avec des enfants par exemple : faire preuve d'autorité n'implique pas forcément la colère. Certes, dans la vie il est parfois bon de hausser le ton. On se sent mieux après, mais ce ne peut être un art de vivre sous peine de voir son entourage prendre la poudre d'escampette.
Frustrations, adversités et autres aléas du quotidien déclenchent la colère : un objet qui ne fonctionne pas, un café brûlant, un embouteillage, une personne trop lente... En réalité, nous nous mettons en colère parce que nous transformons nos valeurs personnelles en valeurs universelles.Ainsi, autrui ne doit pas déranger, les personnes lentes doivent être vives, la voiture ne doit pas tomber en panne... Et si tout ne se passe pas comme nous l'avons prévu, nous nous mettons en colère : c'est une réaction absurde.
N’importe qui peut se mettre en colère. Rien de plus facile! Cependant, il est plus difficile de mesurer sa colère, de s’en prendre à la bonne personne, de choisir le bon moment et le bon motif tout en l’exprimant de la bonne façon. Devenir maître de sa colère exige des apprentissages tant au niveau de la prise de conscience de soi que de la capacité de communiquer. Comment vivre en harmonie avec la colère, la frustration ou l’insatisfaction? C’est une question qu’on a tout intérêt à se poser en tant qu’adulte. Mais comment apprendre aux enfants à vivre en harmonie avec leurs émotions? Cette interrogation devient essentielle pour tous les parents soucieux d’accompagner et d’éduquer leurs enfants dans la construction du bien-être personnel et de l’estime de soi.
Peu de parents se lèvent le matin avec l’intention de vivre de multiples conflits ou de rendre leur enfant malheureux. Nous ne disons pas: «Aujourd’hui je vais exploser, crier, injurier, gronder, blâmer, frapper et chicaner». Au contraire, nous souhaitons sécurité, amour, paix et bonheur pour nos enfants. Malgré les meilleures intentions, la guerre, hélas, se déclare une fois de plus. Nous parlons de manière irréfléchie, sur un ton qui nous désespère et qui, après coup, nous fait inévitablement ressentir un fort sentiment de culpabilité.
Les principaux ingrédients:
- On ignore mon point de vue.
- Nous éprouvons habituellement de la frustration lorsque les autres ne tiennent pas compte de notre point de vue.
- Une troisième personne subit les foudres d’une colère qu’elle n’a pas provoquée.
Nous exprimons quelquefois notre colère envers une personne autre que celle qui a généré le conflit. Cela a pour effet de provoquer un conflit supplémentaire.
On m’accuse de quelque chose.
Nous vivons généralement beaucoup de frustrations et d’insatisfactions lorsqu’on nous accuse ou rejette le blâme sur nous.
On me traite injustement.
Nous ressentons habituellement de l’impuissance et un très fort sentiment de vengeance lorsqu’on nous traite injustement.
On m’agresse physiquement ou verbalement.
Nous éprouvons généralement de l’agressivité et de l’hostilité lorsqu’on nous taquine, critique, ridiculise, dévalorise, dénigre et sermonne. De même que l’agression physique, ces attaques verbales touchent nos points sensibles et provoquent des situations conflictuelles.
La colère c’est un peu comme la grippe. Elle est fréquente et surgit dans des moments de stress et de fatigue. Nous pouvons ne pas aimer cette réaction, mais nous ne pouvons toutefois pas l’ignorer. Nous pouvons être très conscients des motifs qui la suscitent, mais être incapable de la maîtriser.
Il y a des circonstances et des situations quotidiennes qui provoquent, à coup sûr, la colère. Celle-ci nous met dans un état violent et passager causé par le sentiment d’avoir été offensé ou agressé. Toujours soudaine et inattendue, elle se traduit généralement par des réactions agressives.
Savoir exprimer ses émotions
Les enfants comme les adultes, expriment leurs émotions d’une foule de façons: par des comportements, des attitudes, des intonations, des réactions particulières, des gestes, des mimiques, des paroles, etc.
Si nous les observons, nous nous rendons vite compte que pour la majorité des personnes la parole ne représente pas l’outil privilégié pour exprimer les émotions. Pourtant ce moyen est essentiel pour vivre en harmonie. La communication, davantage que la répression ou l’explosion émotive, permet de libérer de façon acceptable les tensions intérieures.
Respecter les émotions des autres : Il faut apprendre à respecter les émotions de l’autre, accepter de traiter avec égard son vécu affectif. On doit avoir de la considération pour ce qu’il tente d’exprimer. Respecter les émotions de l’autre, c’est être ouvert et à l’écoute de ce qu’il désire communiquer: sa joie, sa colère, sa frustration, sa peine, etc. En d’autres mots, il faut développer à l’intérieur de soi une attitude d’écoute, de compréhension et d’acceptation du vécu émotif de l’autre.
Entraînez-vous à laisser s’exprimer celui qui s’en prend à vous, même si ce n’est pas facile. A un moment il va s’arrêter tout seul car la colère c’est comme le ping-pong : si personne ne renvoie la balle, on ne peut plus jouer !
Canaliser ses émotions : si vous pouvez éructer sur le premier venu qui vous a bousculé, quelle serait votre réaction dans une situation un peu plus grave ? Il ne s’agit pas de se taire mais au contraire de mesurer votre réaction par rapport à ce que vous subissez.
Maîtriser sa voix : monter en volume sonore est la preuve évidente d’une incapacité à se contrôler. Autant vous pouvez rire très fort, autant il ne sert à rien de hurler parce que vous êtes énervé. Servez-vous de ce truc utilisé par les éducateurs de jeunes délinquants : il faut baisser le ton à mesure que l’autre l’élève. Parlez lentement et de moins en moins fort. La personne en face de vous en fera de même sans s’en apercevoir. Qui pourrait s’énerver à voix basse ?
Gérer sa tension nerveuse : la vie moderne est pleine de stress et de soucis qui font que l’on peut exploser parfois pour peu de chose. Relaxez vous, faites du sport, apprenez à vous détendre en vous coupant du monde extérieur. Quand survient un motif de colère, respirez un bon coup et prenez le temps d’analyser d’abord la situation.