Darwin est le premier scientifique à avoir soupçonné, en 1877, le rôle de l'odeur du sein dans les interactions entre la mère et son bébé. Il rapporte qu'à l'âge de 32 jours son enfant orientait son visage vers le sein maternel à une distance de 10 à 30 cm. Selon lui, ce fait pouvait s'expliquer par les capacités du bébé à détecter la chaleur et les odeurs.
Ca se sent que c'est toi !
Mac Farlane a récemment prouvé que le nouveau-né de 10 jours reconnaît sa mère à l'odeur, principalement celle provenant du niveau de son cou. A Besançon, Benoist Schaall et Hubert Montagner ont demandé à des mères de porter, durant une journée, un morceau de coton fixé à leur cou. Ce coton, imbibé de sébum et de sueur, était ensuite présenté aux nourrissons âgés de 2 jours. Les enfants se calmaient immédiatement et s'endormaient lorsqu'on leur présentait le coton porté par leur mère. Par contre, les échantillons étrangers n’avaient pas cette propriété. A l'opposé, la mère reconnaît très tôt l'odeur de son bébé. Les yeux bandés, elle reconnaît à l'odeur les brassières portées par son enfant. La reconnaissance des odeurs corporelles des parents pourrait avoir des effets tranquillisants. Cyrulnik a joué sur les propriétés apaisantes des odeurs maternelles dans le traitement des difficultés d'endormissement de certains enfants. Proposant aux mères de porter un mouchoir sur leur poitrine pendant deux jours, il leur apprend ensuite à "ritualiser" le coucher du bébé avec des gestes doux et une coordination main-bouche-mouchoir odorant. L'enfant apprendrait ainsi à s'endormir en trois ou quatre jours.